La géopolitique de la tech est marquée par une confrontation croissante entre les États-Unis et la Chine, où la souveraineté numérique et le leadership technologique sont des enjeux majeurs. L'Europe, quant à elle, peine à trouver sa place, oscillant entre régulation et dépendance.
La Chine déploie une stratégie ambitieuse avec son 15ème Plan Quinquennal, visant à intégrer l'IA dans 90% de son économie d'ici 2030. Ce plan met l'accent sur une architecture technologique complète ("modèle-puce-nuage-application") et le développement d'un "stack" souverain, incluant des puces Huawei Ascend optimisées pour des modèles comme DeepSeek V4 et une robotique avancée (Unitree). Jensen Huang, PDG de Nvidia, critique ouvertement les contrôles à l'exportation américains, affirmant qu'ils ont paradoxalement accéléré la quête d'autonomie technologique de la Chine. Le "soft power" chinois, bien que parfois perçu comme artificiel ("Chinamaxxing"), gagne du terrain en exploitant les insatisfactions des jeunes Occidentaux envers leurs propres sociétés ("Americaminning").
Aux États-Unis, la politique industrielle est de plus en plus orientée vers la promotion de technologies clés comme l'IA, mais le débat sur les contrôles à l'exportation de puces vers la Chine divise. La France, pour sa part, cherche à renforcer sa souveraineté numérique en imposant Linux et des outils souverains, mais est confrontée à des défis majeurs, comme le piratage de l'ANTS. Les câbles sous-marins sont également devenus un enjeu cyber crucial dans les conflits mondiaux.
Des acteurs comme Palantir, dirigé par Alex Karp, un philosophe ayant étudié le fascisme, publient des manifestes controversés sur la "République Technologique". Ces manifestes appellent à une rébellion contre la "tyrannie des applications" et à un remboursement de la "dette morale" des ingénieurs envers l'Amérique. Palantir, initialement fondé pour prévenir le fascisme, est aujourd'hui critiqué pour ses contrats avec des gouvernements (Israël, ICE, DGSI) et l'utilisation de ses logiciels à des fins de surveillance, soulevant des questions éthiques profondes sur la hiérarchisation des cultures et le rejet du pluralisme.
La scène politique américaine est également agitée par des figures controversées comme Hasan Piker, un streamer de gauche dont les positions anti-américaines et pro-Hamas sont jugées problématiques pour le Parti Démocrate. Ces dynamiques montrent une polarisation croissante et une difficulté à maintenir un discours cohérent et constructif sur l'avenir de la technologie et de la société.